retour liste billets d'actualité

Écriture•s inclusive•s

Billet d'actualité du lundi 14 janvier 2019

Écriture inclusive : Combat d’arrière-garde ou nécessité absolue ?

 

Tandis qu’encore de trop nombreuses femmes continuent à se cogner la tête contre le fameux «plafond de verre», les défenseurs de la parité hommes-femmes ont fait de la visibilité de la femme dans la langue française leur nouveau cheval de bataille. Depuis le XVIIIe siècle, une règle de grammaire stipule que le masculin l’emporte systématiquement sur
le féminin. L’écriture inclusive
serait donc le remède afin d’enrayer cette injustice grammaticale.

Des instances politiques se sont emparées du sujet comme le Haut Conseil
à l’égalité entre les hommes et les femmes qui a publié, en 2015, un Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe.

Plus récemment, Edouard Philippe a proscrit l’écriture inclusive des textes officiels tandis que certains médias comme Le Monde obligent leurs journalistes à l’utiliser.

 

Les 4 grands principes de l’écriture inclusive

 

  • Accorder en genre les noms de fonctions, grades, métiers et titres. Exemples : une ingénieure, une professeure, une footballeuse,
    une auteure.

  • User du féminin et du masculin soit par l’énumération, l’usage d’un point
    au milieu soit (racine du mot+suffixe masculin+point milieu+suffixe féminin). Exemples : acteur·rices, ceux.elles, sénior·e·s.

  • Accord de proximité : les hommes et les femmes sont belles.

  • Ne plus employer «Femme» et «Homme» mais «humains».

   

Du côté de l’Académie française, aucune tolérance pour l’écriture inclusive qu’elle considère comme «un péril mortel» pour notre langue.

Elle dit que : «La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit, aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité ».

À bon·ne entendeur·se salut !

La langue

Si la féminisation des noms était nécessaire et ne soulève pas de grande polémique, le point médian est l’objet des critiques les plus virulentes.

Il est vrai que lire : les français.es sont divisé·es (notamment sur cette question) peut paraître étrange.  Il est important de rappeler que la langue française (comme toutes les langues) évolue de façon permanente. La preuve est le français du XIe siècle qui ne ressemble guère au français que nous parlons.

«Cumpainz Rollant, l’olifan car sunez : si l’orrat Carles, ferat l’ost returner» *. Avez-vous compris cette phrase?

Ce sont les usages qui font les règles et rarement le contraire.

Le vrai débat : les inégalités entre les hommes et les femmes

Ce débat ne doit pas occulter les réelles inégalités qui persistent entre les hommes et les femmes, notamment dans le monde du travail.

L’écriture inclusive peut-elle profondément et durablement modifier les aprioris des hommes sur les femmes ? Car c’est cela dont il s’agit.

Quand on apprend qu’un centre commercial de Roubaix a récemment été épinglé pour une publicité qui disait :

Seulement quatre mots peuvent rendre leur sourire aux femmes :
«je t’aime» et «soldes», j’en doute !

 

 

*La Chanson de Roland

retour liste billets d'actualité