ROGER & GALLET

Pauline se promène dans la forêt située non loin de la chambre d’hôtes dans laquelle elle s'est installée le temps d'un week-end.

Elle chérit particulièrement ce lieu, loin de tout, de la frénésie de la ville, et pourtant, si proche de l’essentiel,

la nature à l’origine de la vie.

Ses trois chiens, dont elle ne se sépare que rarement, l’accompagnent.

Elle veut les voir courir, sauter, gambader pour

qu'ils sortent de leur condition de chiens de salon.

Le sol détrempé de la forêt ressemble à de la terre glaise.

S’il passait par là., un artisan potier en ferait quelque chose.

Bien qu’il n’ait pas plu depuis plusieurs jours,

le soleil aux abonnés absents, n’a pas permis l’évaporation de l’eau installée dans d’immenses crevasses.

Joie

Les chiens gambadent, sont heureux, sautent d’un talus

à l’autre, plongent leur truffe dans les bosquets, grattent la terre du bout de leur pattes, reniflent une piste puis une autre, prêtent l’oreille à un son que Pauline ne peut percevoir, ils s’arrêtent puis repartent.

Pauline se délecte de ce spectacle amusant et joyeux en levant la tête de temps en temps pour observer la nudité hivernale des arbres sur fond de ciel laiteux. 

Elle attend impatiemment le retour du printemps, instant sublime, où la nature engourdie par la torpeur de l’hiver se réveille enfin.

Soudain, alors que son regard et son esprit se sont envolés tels des papillons inconstants vers un ailleurs,

elle tombe dans une énorme crevasse remplie d'une eau stagnante. 

Les chiens la rejoignent en glapissant alors qu’elle gît encore dans l’eau sale.

Elle se relève, trempée jusqu’aux os.

De la terre s'est collée dans ses cheveux, ses mains écorchées sont noires de saleté et ses vêtements

sont dans un piteux état.

Elle rit nerveusement.

Sale, elle claudique jusqu'à la maison d’hôtes.

Dans l’armoire de la salle de bains, un placard.

Elle l’ouvre et trouve ce dont elle a besoin : un savon.

ROGER & GALLET

Ce savon est un ROGER & GALLET, soigneusement rangée dans sa boîte de voyage colorée.

Les vêtements couverts de boue rejoignent le sol en un instant. Elle grimpe dans la baignoire,

ouvre le couvercle, sort le savon rond emballé dans du papier de soie, le porte à son nez pour le sentir profondément comme une inspiration vitale.

Le papier laisse s'échapper l’essence parfumée du célèbre savon rond, il porte le nom délicat d’oeillet mignardise. Elle le déshabille doucement afin d'éviter qu’il ne lui échappe des mains, même si sa rondeur naturelle en facilite sa préhension

Sous le pommeau de la douche, le savon ramollit et

de fines bulles se forment à sa surface.

Un parfum subtil et frais embaume soudainement la salle de bain. Pauline se lave puis se sèche.

Sur sa peau, une sensation agréable de propreté et

de fraîcheur. Dans le placard, une eau de Fleur d’Osmanthus ROGER & GALLET qu'elle saisit pour habiller ce premier parfum.